Thailand Exerpts (French)

La Svelte Thaïlandaise et l’Occidentale «Won Sigh»

A Broad in Thailand Reviews

J’ai réalisé assez vite au début de mon séjour dans ce magnifique pays qu’est la Thaïlande, que les Thaïlandaises sont non seulement extrêmement soignées de leur personne et gracieuses, mais aussi très sveltes. Sérieusement, combien d’autres qualités ont-elles encore ? Je me sentais comme Gulliver chez les Lilliputiens.

étant récemment expatriée en Thaïlande, j’étais impatiente et excitée à l’idée de tout visiter, du Bouddha couché aux temples plaqués d’or. Mais d’abord, me suis-je dit, il faut que je fasse du shopping. Avec une température de 38°C et une humidité qui essayait de battre tous les records, je pensai que le meilleur endroit pour ainsi dire faire d’une pierre deux coups serait un centre commercial climatisé. Faire du shopping a toujours eu l’effet de me remonter le moral même s’il est très bas. J’espérais trouver une chouette petite robe bain de soleil qui pourrait transformer mon tour de poitrine taille 100D et mon tour de taille de 76 cm en quelque chose qui paraîtrait svelte.

A Broad in Thailand GalleryMais ce n’était pas que pour moi, cette histoire de shopping. Non, non. J’ai toujours mis un point d’honneur à soutenir l’économie locale. Le concierge de notre hôtel nous avait dirigé vers le Robinson’s Department Store en centre-ville de Bangkok. « Very nice clothes foh you, MaDam (ils ont de beaux vêtement pour vous Madame). »

Oh là là ! Robinson ? En plein centre-ville de Bangkok ? Ça m’a pris trente minutes de trajet en tuk-tuk dans une chaleur accablante, mais j’y suis arrivée, indemne et prête à dépenser, dépenser, dépenser. Alors que je déambulais dans ce que je croyais être le rayon « dames », je m’arrêtai net. Oh ! Ce sont surement les vêtements pour les ados. Ils sont bien trop petits pour des adultes. Je regardai de plus près les articles. Qui peut bien porter la taille 2 ? Où suis-je, dans le rayon de la poupée Barbie ? Je ne pourrais même pas passer ces modèles autour de mes cuisses sans parler de mon postérieur.

Je vis une personne s’approcher de moi, mais elle ressemblait à une adolescente. Ce n’est quand même pas une vendeuse ? Elle s’arrêta devant moi. « Gootmoanin (Bonjour). »

« Oh ! » Je sentis une bouffée de chaleur me monter au visage. Elle ressemblait à un elfe. Finalement ce n’était pas une jeune fille ; elle devait bien avoir 20 ans et elle était manifestement vendeuse dans ce rayon. « Heu, j’étais, eh bien, … y-a-t’il un rayon pour dames dans ce magasin ? »

« Yeth (Oui).» Elle sourit et attendit en attendant la suite.
« Ah oui ! Eh bien, pourriez-vous me l’indiquer ? »

« Mai kow jai ka. »

Je dégainai mon guide de conversation Anglais-Thaï de ma poche et je le lui tendis. Elle pointa une phrase en Thaï et me rendit le livre.

« Oh ! Vous ne comprenez pas ? »

Elle sourit.

« Oui, mais bien sûr. Désolée. » Je lui montrai mon corps bien nourri tandis qu’elle me regardait dans l’expectative. Ensuite je tirai d’un coup sec sur la taille de ma robe et je dis : « des vêtements ; pour moi ».
« Yeth », elle sourit avec une modestie affectée en regardant ses pieds, « preze foroow me (veuillez me suivre) ».

Elle me conduisit dans un recoin où des touristes bien nourris étaient en train de butiner de-ci de-là. Me faufilant auprès d’une cliente plutôt rondelette, je lui demandai si elle savait pourquoi nous étions emmenées dans cette zone séparée. « Est-ce parce que nous sommes des étrangers ? »

Elle fit une moue comme si elle avait croqué un bonbon acidulé : « Ouais, c’est Ça ma chérie, c’est parce nous sommes des étrangers, des étrangers plus grande que nature ! » Elle renversa sa tête et rit à gorge déployée de son bon mot.

« hein ? »

« Les seules tailles que tu trouveras là-bas » fit-elle en indiquant de la tête le rayon des minuscules vêtements que je venais juste de quitter, « vont de 2 à 4, et c’est pas pour nous ». Ce qui la fit de nouveau bien rire.

Pendant qu’elle gloussait je jetai un coup d’œil discret autour de moi, et je réalisai que toutes les personnes qui se tenaient dans cette pièce ne devaient plus porter ces tailles depuis des années.

Je sus que je n’allais pas aimer ces petites femmes sveltes et soignées. Elles devaient avoir des troubles du comportement alimentaire – oui c’est Ça. Boulimie, anorexie, boulimie, anorexie – on ne me la fait pas à moi. Même pas en rêve ma petite dame.

Alors que je me promenais et que je faisais du shopping en ville, les semaines suivantes, je réalisais que les Thaïlandaises étaient également soignées et propres dans d’autres aspects de leur vie. Chaque centre commercial que j’ai visité à Bangkok était incroyablement bien tenu. Les chemises, les pantalons, les serviettes de bain, le linge de maison et les vêtements de sport étaient non seulement pliés et empilés, mais on aurait vraiment dit qu’ils l’avaient été par une machine. Tous ces articles cachaient un intercalaire cartonné qui leur donnait une forme. Pas une épingle en vue, pas de faux plis, tout comme sur la photo. Les robes, les tuniques et les chemises étaient soigneusement accrochées sur des porte-manteaux et rangées en fonction de la taille et de la couleur. C’était étonnant, vu les détritus qu’il y avait dehors dans les rues de Bangkok, où chaque petit coin et recoin abritait toute sorte de débris.

Pour nous les, hum, personnes fortes, je remarquai que tout ce qui était importé était déplorablement cher. En Thaïlande, les imports de marque pouvaient être quatre fois plus chers que ce qu’on aurait pu payer aux états-Unis. Paradoxalement, les vêtements thaïlandais sont peu chers et assez chics – si vous mesurez moins de un mètre cinquante et que vous pesez entre trente et quarante kilos.

Je pris sur-le-champ une résolution : avant de quitter ce pays, je suivrai un régime, je jeûnerai, j’arrêterai de manger, de respirer, n’importe quoi pour paraître aussi svelte que ces Thaïlandaises.

J’eus une autre révélation, où que j’aille faire du shopping, il y avait au moins trois vendeuses qui papillonnaient autour de moi, souriant, me faisant un wai – la salutation thaïe. Quel service ! Je serai très déÇue quand de retour au pays je n’aurai pas un tel service.

Bon, revenons à nos moutons. Après avoir vécu en Thaïlande quelques mois, j’ai percé le secret de cette séparation dans l’habillement. Les vendeurs ont la solution parfaite pour nous les personnes fortes. Ça s’appelle « Won Sigh (Taille Unique) », ce qui veut dire GRANDE TAILLE. Alors que vous entrez dans le rayon habillement, et à moins que vous ne soyez faites comme Twiggy, les gentilles, souriantes et secourables vendeuses – qui ont toutes l’air pré-pubères – vous dirigent vers le rayon « Won Sigh ». C’est là que vous trouverez des tenues amples, larges, translucides, de plage, toutes étant soi-disant TAILLE UNIQUE ; de la taille 8 jusqu’à la taille Big Mamma. C’est leur faÇon de sauver la face – la vôtre surtout. Ils ne songeraient même pas à insinuer que vous êtes grosses, grasses, obèses, ou potelées. Il se trouve juste que vous entrez dans la catégorie « Won Sigh ».

Alors que je quittai Robinson en portant ma nouvelle robe hawaïenne, m’empêtrant presque dans le bas de l’ourlet, j’entrevis mon reflet dans la vitrine. Fichtre ! Imaginez la grosse Hilo Hattie en spartiates !

© Dodie Cross. Traduit de l’anglais pas MAGD (david.giuseppe@laposte.net).

Le Massage de Madame Aïe-Aïe

Mes souffrances diminuaient progressivement grâce aux médicaments, mais Dick n’était pas du tout enchanté d’être privé de ses trois séances nocturnes hebdomadaire. Il tournait en rond avec un nuage noir au-dessus de la tête et je savais qu’une belle dispute s’ensuivrait d’ici peu. Le problème était que, lorsque ces disputes avaient lieu, des douleurs de poitrine suivaient. J’essayais de m’absenter quand il était à la maison, et vice-versa, jusqu’à ce que je sois complètement guérie. La particularité de la cystite, lorsqu’elle revient après un premier accès, est qu’elle le fait avec une violence décuplée. Je devais être sûre que j’en avais fini avant de laisser Dick m’approcher. Il me regardait comme un chat regarde une sauterelle avec une patte cassée, attendant l’occasion de lui sauter dessus.

Ce fut alors qu’on me fit découvrir un moyen efficace pour se dé-stresser. L’une des plus étonnantes pratiques que j’ai rencontrées en Thaïlande, une que toutes les nouvelles expatriées venaient à apprécier, c’était le fantastique massage traditionnel Thaïlandais. Il est d’habitude exécuté par de robustes jeunes femmes. Cependant, j’ai remarqué qu’il y avait aussi quelques mâles en exercice. Une heure de ce massage relaxant et presque n’importe quelle femme aurait été capable de négocier avec un terroriste. Voilà une pratique sensuelle qui stimule votre musculature, enfin, pour la plupart des gens.

J’ai un problème avec la douleur. Je le reconnais. Je n’ai aucune tolérance pour la douleur et je ne cherche pas à le cacher. Après quelques visites aux salons de massage en ville, je fus connue en tant que Madame Aïe-Aïe. Toutes les fluettes masseuses semblaient étonnées que je sois si douillette. Aussitôt arrivée dans la salle d’attente, je pouvais les entendre se mettre à ricaner. Pas de problème, ricanez tant que vous le voulez, mais ne me faites pas mal. Que Ça leur plaise ou non, il fallait qu’elles y aillent moins fort avec moi. L’une de ces petites femmes vigoureuses et dynamiques avait carrément laissé ses empreintes digitales sous forme de cercles violets sur mes bras et sur mes jambes. Je l’avais prévenue sur ma condition avant qu’elle ne commence ; je lui avais même montré quelques vieux bleus laissés sur mon postérieur par la précédente fille. Elle n’eut manifestement aucune idée du pourquoi je lui montrai ces quatre points sur mon derrière, et comme d’habitude au Pays Du Sourire, elle eut un petit rire et commenÇa à laisser ses propres marques. J’appris plus tard que ces petits rires pouvaient être aussi la faÇon thaïlandaise de cacher son embarras. Bleus ou pas, j’y retournais, peut-être bien parce que je me sentais si bien quand elles en avaient fini.

Bon, d’accord, je l’admets, je suis masochiste. La vue de tous ces salons de massage en ville fit remonter à la surface de ma mémoire des souvenirs d’un précédent voyage en Thaïlande. Je ne pus m’empêcher de rire quand je me souvins de la première fois où je vis les mots physical massage. C’était dans les années 70 et nous étions expatriés en Iran. Mon mari, qui pensait que nous avions bien mérité ce petit plaisir parce que nous vivions sur cette poudrière, nous avait fait la surprise de nous emmener pendant une semaine en vacances à Pattaya Beach. Pour notre première journée, nous avions décidé de laisser les enfants s’amuser dans la piscine pendant que nous lisions allongés au soleil. Nous étions à moitié endormis quand mon plus jeune fils, qui avait à peu près dix ans à cette époque, nous rejoignit en courant. « Papa ! Je peux avoir dix balles ? »
« Pourquoi faiiiire ? » Demanda mon mari à moitié assoupi.
« La dame là-bas a dit de lui donner dix balles et elle me fera un bon massage. »

En entendant Ça, nous nous redressâmes – comme la plupart des gens autour de la piscine – et nous regardâmes dans la direction pointée par mon fils. Elle se tenait là, la ravissante Thaïlandaise qui ne paraissait pas plus de seize ans, dans sa robe au rouge chatoyant, appuyée de manière séduisante contre la porte du salon de massage, souriant du doux sourire thaïlandais et faisant signe à mon fils de venir.
« Hum ! Pas question mon fils » dis-je.
« Mais pourquoi » couina-t-il avec ce ton habituel qui semblait dire « tu l’aimes plus que moi » tout en montrant du doigt sa sœur. « Tu lui donnes tout le temps de l’argent. Je peux pas avoir seulement dix balles ? »
« Mon chou » je murmurai, « ce n’est pas une gentille dame. Elle va prendre ton argent et Dieu sait ce qu’elle va te faire. De toute faÇon, les massages c’est pour les grands. Tu attendras d’être plus âgé, alors tu pourras te le payer. » « S’il te plaiiit » gémit-il.

à ce moment la population masculine autour de la piscine était tout ouïe, attendant notre décision.
« Non ! Et c’est définitif » dit mon mari d’un ton pas si définitif que Ça.

Ce n’était pas la réponse que mon fils voulait entendre. Il était le genre de garÇon qui ne supportait pas qu’on lui dise « non » et il pouvait défendre sa position bec et ongles jusqu’à ce que vous capituliez.
« Elle a dit que Ça me ferait du bien » cria-t-il à pleins poumons. « Comment pourrait-elle me faire du mal Maman ? Papa pourrait venir avec moi pour s’assurer que j’en aurais pour mon argent. »
« Non », dis-je cette fois à pleins poumons. « Fini les discussions sur les massages. » Je me tournai vers mon mari en quête de support, mais il était en train de mettre un marque-page dans son livre. « Retourne à ta sieste ! Tu n’y vas pas, toi non plus. »

Maintenant, vingt ans après, j’étais contente de voir autant de salons de massage à Pattaya ; le genre de massage dont mon corps avait besoin. Une amie m’a appelée l’autre jour pour me parler d’un nouveau salon en périphérie de la ville. « Ma belle, si tu aimes qu’il y ait une atmosphère, tu te dois de l’essayer. » Au lieu de la banale décoration habituelle, disait-elle, cet endroit fait très haut de gamme. Sur une impulsion du moment, j’invitai Dick à m’accompagner et à se faire masser. J’avais pensé que Ça aurait pu atténuer la tension sexuelle qui semblait l’accabler.

Le salon de massage était très chic, faiblement éclairé avec des bougies, des miroirs et des statues de Bouddha sur des autels dorés garnis de bouquets de fleurs odorantes. Nous avions été conduits dans deux alcôves qui se faisaient face et nous attendions l’arrivée de notre masseuse. Il régnait dans l’alcôve une merveilleuse odeur de lilas, de lavande et d’autres déroutantes mais néanmoins fantastiques. Je me décontractais immédiatement. Tout ceci était sensuel et séduisant.

Je levai les yeux à temps pour voir une minuscule nymphette, qui m’apparut comme si elle n’avait pas eu la force d’envoyer un baiser, glisser devant moi avec de tout petits pas délicats à la mesure de ses petits pieds nus taille 32. Les yeux de Dick s’illuminèrent comme deux projecteurs alors qu’elle approchait. Il essaya en vain de cacher son excitation. Je voulais tendre le bras et lui en allonger une pour lui enlever cet air niais. Quand il eut essuyé la bave de son menton, il se tourna vers moi. Le visage maintenant empreint de nonchalance, il haussa les épaules d’un air de dire : grand Dieu, qu’est-ce qu’un homme est supposé faire ? Il se leva et clopina derrière elle jusqu’à la salle de massage.
Ah les hommes !

Je n’eus pas autant de chance que Dick. Je crois que j’ai écopé d’un travesti. Elle ne devait pas peser plus de trente kilos mais elle paraissait un poil masculine, rien à voir avec les Thaïlandaises typiques que je connaissais. J’ai même entraperÇu un peu de duvet noir au-dessus de sa lèvre supérieure, et ses sourcils étaient tout à fait unisexes. Génial ! Il a droit à la geisha, j’ai droit au travesti. Elle ouvrit la porte de la salle de massage et me fit signe de me déshabiller mais de garder mes sous-vêtements. Elle me tendit une serviette pour me couvrir, puis elle s’affaira avec d’étranges huiles tandis que je me déshabillais et que j’escaladais la table. Une fois qu’elle eut mélangé ses potions, elle amena un petit tabouret près du bord de la table, sauta dessus avec agilité et en quelques secondes elle était littéralement assise sur moi. Elle plaÇa son corps sur le haut de mon dos – avec ses genoux sur la table – et elle commenÇa à me masser.

ô mon Dieu ! Quelles délicieuses sensations. J’étais prête à lui délivrer mon habituel « pas trop fort s’il vous plait » mais ses mains étaient si douces que j’en conclus qu’on m’avait attribué une apprentie. Je ne savais pas que c’était sa phase d’échauffement. Après m’avoir massé pendant cinq minutes, elle commenÇa à me bourrer de coups – enfin c’est ce qu’on aurait dit. Pousse, tire, tord, bouscule, bat, tape ; toutes sortes de bruits. J’avais l’impression que ma peau avait été étirée dans douze directions différentes. Je relevai et tournai la tête, la stoppant en pleine frappe : « Aïe ! » Je glapis. Elle s’arrêta et regarda autour d’elle comme si elle n’avait aucune idée d’où venait le bruit. « Aïe ! » Je répétai, un peu plus doucement cette fois. « Kao jai kha? – Vous me comprenez ? » Demandai-je, un peu trop brutalement. Je me radoucis en voyant son air confus. « S’il vous plait, je vous en prie, pas si fort. » Je m’efforÇai de sourire. Gentille comme elle l’était, elle me rendit mon sourire, parti d’un petit rire, et recommenÇa à me bourrer de coups. J’avais espéré un miracle, celui d’avoir la seule Thaïlandaise de l’établissement susceptible de me comprendre.
Sous les coups, je laissai échapper une nouvelle fois un « Aïe ! »
«Mai kâo jai kha ? » Elle ne me comprenait toujours pas.

Je m’assis pour lui expliquer mon problème. Je pris son bras et pressai mes doigts autour de son minuscule poignet, faisant le tour avec mon pouce. Tiens donc ! Comment peut-on rester si mince ? Je resserrai mon étreinte pour illustrer la notion de douleur, d’où le « Aïe ! » Elle ne broncha pas.

Bon, maintenant elle doit croire que je suis timbrée. « Ne pas jep – mal, Kao jai kha ? »

Elle me fit de nouveau un sourire. Non ! S’il vous plait, ne me refaites pas le coup du sourire. C’est leur truc à ces gens. Ils font un petit rire quand ils sont amusés, et un petit rire quand ils sont gênés. C’est dur de savoir lequel est lequel. Si je voulais qu’on en finisse, je me dis que je ferais mieux de me taire. Et ceci tant que je ne verrais pas de sang sur le drap, alors seulement dans ce cas je devrais la désarÇonner, attraper mes vêtements et fuir.

Elle poursuivit. à ce moment je sentis des manipulations de chiropraxie. Je spéculais qu’après avoir disloqué mon corps, elle pensait qu’il serait mieux de tout remettre en place, à force d’étirement et de pétrissage. Je me sentais telle la boule de pâte à pain préparée pour le four. Elle finit par diminuer l’intensité – je présumai qu’elle était fatiguée – et juste quand je commenÇais à me sentir bien, la minuterie se déclencha.

Dick se tenait près de la voiture l’air renfrogné. Je le rejoignis en clopinant et je lui demandai ce qui n’allait pas. Il ne pouvait pas décemment être mécontent de Mademoiselle Marche Sur l’Eau. J’avais eu droit à Mademoiselle Masked Marvel et la preuve en était que je boitais.
« Alors ? Tu n’as pas aimé ta fille ? Ta peau est aussi épaisse que le cuir d’une vache. Ne me dit pas qu’elle t’a fait mal. »
« Non, elle était juste un peu trop zélée, c’est tout. »
« Vraiment ! Que s’est-il passé ? »
« Eh bien ! », Dit-il feignant l’indignation, « elle m’a presque arraché mes gonades. »

Je le regardai vraiment étonnée. « Tes gonades ? Qu’est-ce qu’elles faisaient à l’air ? Tu étais supposé rester en sous-vêtements.
« Ah bon ! » Regard innocent. « Je croyais que je devais me déshabiller complètement. »
Oui, c’est Ça Dick.

Mais qu’est ce qu’ils ont les hommes ? Ils ont bien vite fait d’enlever leur calecif. Alors que la prière de toute femme dans la salle de consultation du docteur est : pitié, ne me demandez pas d’enlever mes sous-vêtements. Pitié, pitié, pitié. Les hommes peuvent parader dans Time Square avec tout qui pendouille – et le sourire aux lèvres par-dessus le marché. Je ne pige pas. Ils ont plus à cacher que nous, avec cette robinetterie apparente et tout le reste. Je commence à réaliser qu’ève dans son Jardin a vraiment tout foutu en l’air pour nous les filles. Pourquoi la honte, la pudeur, la gêne ? Pourquoi cette crainte de devoir nous mettre nue ? Pourquoi ne pouvons-nous pas tout déballer comme les hommes ? Quel est le problème après tout ? Les toutes petites filles peuvent parader complètement nues, tout à fait oublieuses de leur corps, cependant, dès la minute où elles peuvent comprendre l’anglais nous ne pouvons nous empêcher de leur inculquer nos insécurités et notre pudeur. Il y a quelque chose qui cloche là.

L’un des meilleurs massages que j’ai trouvé, c’était dans une vieille maison décrépie en périphérie de la ville. ô non ce n’était pas le spa du Hilton, mais vous faisiez très vite abstraction du manque d’enjolivures avec le formidable traitement que vous y receviez. La maison avait plus de 100 ans, avec des vitres brisées, des rideaux déchirés, des tablettes de fenêtre qui pendaient, des carrés de linoléum manquant par-ci par-là, et une odeur de moisi omniprésente. Les cloisons avaient été abattues au milieu du bâtiment et tout l’espace dégagé avait été converti en une grande pièce qui ressemblait à un dortoir, avec des nattes alignées côte à côte sur le sol. J’étais chagrinée que la climatisation – « air-con » comme disent les Thaïlandais – brille par son absence dans cette vieille bâtisse. Le phénomène air conditionné a été introduit en Thaïlande avec l’avènement des Farangs qui ont envahi le pays. Les Thaïlandais ne semblent pas souffrir de la chaleur comme nous les Farangs. Quand la température descend au-dessous de 29°C, ils sont même enclins à mettre un sweater.

En fait, je pouvais supporter à peu près tout dans cet établissement, mais quand la température faisait un pic, la salle de massage se transformait en un sauna géant voire en un four crématoire. J’essayai d’y aller de bonne heure, avant qu’il ne fasse trop chaud, c’est à dire 38°C et plus. Cet endroit manquait de raffinements comme une petite musique d’ambiance, mais il était le refuge de filles formidables. L’école de Massage pour Aveugles, nommée à juste titre, était le foyer de jeunes femmes cliniquement aveugles, mais qui faisaient de merveilleux massages. Les filles venaient principalement de villages pauvres où leurs parents n’étaient pas en mesure de leur trouver de l’aide. Elles étaient emmenées à Bangkok par de Bons Samaritains et éduquées à l’art du massage traditionnel Thaïlandais. Une fois formées, elles étaient envoyées à Pattaya, ou à d’autres villes, pour habiter chez leurs bienfaiteurs et y travailler et gagner de quoi vivre. Le couple de Thaïlandais à qui appartenait cet établissement fournissait aux filles un toit sous lequel vivre et un petit salaire en échange de leur travail comme masseuses. Elles se faisaient de bons pourboires et nous remerciaient toujours longuement. Nous nous demandions vraiment comment elles savaient quel était le pourboire que nous leur donnions.

Le programme était à peu près le suivant : après l’accueil, on vous donnait une serviette et un pyjama en coton – taillé pour un enfant de dix ans – puis on vous accompagnait à des cabines individuelles de hammam de la taille d’une petite douche, avec un banc pour faire un petit somme. Après vous être dévêtues, vous étiez saturées de merveilleux et mystiques arômes d’encens, de vapeurs d’eucalyptus et divers autres délices floraux. Il me fallait pas plus de cinq minutes dans ce paradis avant de m’assoupir et de rêver que j’étais ève, en train de flâner toute nue dans le Jardin. Lorsque vous criiez « je me rends », elles vous sortaient de la douche à la petite cuillère, vous aidaient à enfiler votre pyjama, puis vous conduisaient dans la salle de massage, à la natte qui vous était assignée. Quel bonheur ! Vous étiez propres, réchauffées, apaisées, ressentant du bien-être, et ensuite commenÇait la partie de plaisir.

Les filles essayaient d’abord de vous identifier – un jeu auquel elles se livraient avec excitation et de petits rires. Elles commenÇaient par faire courir leurs petits doigts sensibles sur votre visage puis vers le bas. Quand elles arrivaient au niveau de vos jambes, elles pouvaient vous identifier. Moi, bien sûr, dès que je poussai un « Aïe-Aïe » j’étais reconnue, et je devais alors entendre des ricanements se répandre à travers toute la pièce. Je pense toujours que c’était injuste ; quand elles ne pouvaient pas m’identifier immédiatement, elles me pinÇaient pour entendre mon « Aïe-Aïe ».

Après une heure dans ce paradis, vous étiez escortées jusqu’aux douches mixtes où vous trouviez les habituels opportunistes – se douchant, se changeant, urinant ou étant assis et vous regardant faire de même. J’ai eu du mal au début, mais au fil du temps je m’imaginais en Raquel Welch – en bikini et tutti quanti – et je me sentis moins pudique.

Dans le même établissement on vous offrait de la coiffure, des soins du visage, de la manucure et de la pédicurie – je demandais toujours des voyantes pour ces tâches – le tout pour moins de dix dollars. Si vous veniez pour un shampoing, on vous posait sur ce qui ressemblait à un chariot brancard d’hôpital et on vous faisait rouler jusqu’au lavabo. La première fois que j’ai essayé Ça, j’étais un peu inquiète. Bon, où est la salle d’opération ? Mais Ça s’avéra être un autre délice pour dorloter les Farangs. Ils ont une manière vraiment originale de vous apprêter pour le shampoing, en faisant glisser l’un des côtés d’un plateau en caoutchouc sous votre cou, tandis que l’autre côté servait à vider l’eau dans le lavabo. Pourquoi n’avons nous pas ces techniques aux States ? Quel concept simple : l’eau ne coule pas le long de votre cou en détrempant votre chemisier ; pas de serviettes mouillées à gérer, et pas de lave-tête en céramique où tenir en équilibre votre cou arthritique. Vous êtes allongées et très vite vous vous assoupissez.

En plus de ces fabuleux shampoings, on vous massait la tête, le cou et le cuir chevelu ou toute autre chose que vous auriez voulu vous faire masser. Le shampoing était quelque chose de très prisé par les expatriées ; trois lavages, trois rinÇages et vingt minutes de massage de tête et du cou.

Parmi les autres plaisirs des sens, il y avait les visites aux salons de beauté que de nombreuses dames faisaient à Bangkok. Un salon offrait des massages, des soins du cheveu, des ongles et des pieds. C’était du pur bonheur que de passer une journée à se faire dorloter. Si vous étiez pressées c’était le meilleur endroit où aller. Pour y accéder vous deviez d’abord sonner, ce sur quoi le gérant vous accueillait à la porte et vous posait trois questions : (1) êtes-vous pressées ? (2) Quel service voulez-vous ? Et (3) qui voudriez-vous ? Si la réponse à la question numéro un était affirmative, le gérant vous attribuait autant de filles que vous avez de membres ; une fille pour chaque main pour les manucures, une fille pour chaque pied pour les pédicuries, une fille pour couper, friser et sécher vos cheveux. En regardant toutes ces filles s’affairer sur moi, j’avais l’impression d’être préparée pour un barbecue thaïlandais.

C’était merveilleux si vous aviez besoin d’une prestation rapide, mais Ça rendait difficile la lecture d’un livre.

© Dodie Cross. Traduit de l’anglais pas MAGD (david.giuseppe@laposte.net).

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